HYPOTHESES HISTORIQUES

 

Géographie & Histoire, ........... à partir de nos villages, de nos provinces.

Point n'est besoin de chercher loin, .....

 

......la surprise, l'originalité et la découverte sont à portée de promenade.

Ce qui n'empèche ni la réflexion, ni même la méditation !

 

 

 

 

A propos d'un bout de la frontière franco-belge, immuable depuis 2000 ans

Autre sujet de géographie locale, près de la "frontière immuable",

 

Bailièvre, dans la Botte du Hainaut

 

 

 

 

II. HYPOTHESES HISTORIQUES

 

 

BELGIQUE : un bout de frontière immuable

 

SOMMAIRE

•Les faits

•Hypothèses pour expliquer: l'histoire

•Hypothèses pour expliquer: la géographie

•Visite sur place

 

Immuable : "qui n'est point sujet à changer"(LAROUSSE)

 

 

C'est entendu, un petit bout de la frontière franco-belge n'a pas changé. En d'autres mots, c'est parce que tout le reste a changé.

 

Première hypothèse

 

Ma premiere hypothèse est que la frontière nord de la France, entre le traité de Verdun (843) et le traité de Vienne (1815), a pivoté d'environ 30 °C dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Et que le pivot de cette rotation qui, par définition est fixe,se trouve dans la région de Rocroi.

 

 

De la frontière du traité de Verdun ne subsiste donc qu'une vingtaine de kilomètres aux environs de Rocroi : la frontière de l'Escaut s'est déplacée vers le sud-ouest tandis que la frontière de la Meuse s'est déplacée vers le nord-est.

 

La France y a perdu la Flandre mais y a gagné la Lorraine.

 

 

 

L'hypothèse est un peu simpliste, elle doit donc être nuancée.

 

 

 

 

Evolution de la fraction nord de la frontière

 

L'émancipation de la Flandre est un mouvement continu depuis le 10e siècle jusqu'au 15e siècle.Avec de grandes victoires comme en 1302 à la bataille des éperons d'or ou de lourdes défaites comme à Bouvines en 1214.

 

Jusqu'en 1529, cette émancipation a eu lieu dans le cadre de Royaume de France : les Comtes de Flandre, quel que soit le degré d'autonomie qu'ils aient acquis, sont restés des vassaux du roi de France.

 

Mais au 11e, au 12e et au 13e siècle, le Comté de Flandre acquit un niveau de développement économique tel qu'il a pu se permettre de développer des contacts diplomatiques avec l'Angleterre.Ces contacts étaient d'ailleurs essentiels à son développement puisque celui-ci était basé sur la transformation en draps des laines anglaises.

 

En 1369, le mariage de Philippe le hardi, Duc de bourgogne avec Marguerite de Maele, l'héritière de Comté, fit entrer la Flandre dans un cycle d'autonomie accrue dont l' aboutissement fut la création d'un Etat nouveau : le duché de Bourgogne aussi appelé Grand-duché d' Occident sur le règne de son plus éminent représentant : Philippe le Bon. Ses états s'étendirent même vers le sud jusqu'à englober les villes de la Somme : Amiens, Peronne.

 

Le rêve s'évanouit sous les murs de Nancy lorsque son fils, Charles le téméraire perdit son ultime bataille. Les Etats de Bourgogne passèrent alors sous l'autorité des Habsbourg d' Autriche.

 

Il devait revenir à Charles-Quint de consolider l'héritage de Bourgogne en détachant la Flandre et l' Artois de leurs liens de vassalité à l'égard de Roi de France : ce fût à Cambrai, par la Paix des Dames, en 1529.

 

C'est à ce moment que la vieille ligne de l'Escaut qui marquait la distinction entre La France et l' Empire depuis 843, fût déplacée vers le sud.

 

Le 17ème siècle connut le reflux. Les conquêtes de Louis XIV ont, en effet, ramené la frontière vers le nord jusqu'à son tracé actuel. L'Artois, la Flandre française avec Lille et Dunkerque, le sud du Hainaut, ont échappé successivement à l'autorité des Habsbourg d'Espagne.

 

 

Evolution de la fraction sud de la frontière

 

Le déplacement vers le nord, de la frontière que dessinait le cours de la Meuse, allait s'opérer en deux temps et plus tard.

 

Ce n'est qu'en 1648, au traité de Munster(Westphalie), que la possession par la France des trois évêchés de Metz,Toul et Verdun, qu'elle occupait depuis 1552, fut confirmée.

 

Ces trois places fortes, enclavées dans le Duché de Lorraine, qui étaient en même temps des évêchés, étaient d'un intérêt stratégique essentiel pour que la France put intervenir dans les guerres de religion qui ensanglantèrent l'Empire, en particulier pendant la guerre de 30 ans: 1618 - 1648. Elles controlaient l'accès, au travers des forêts, à la vallée du Rhin.

 

Mais le Duché de Lorraine, qui faisait partie de l'Empire et avait échu aux Habsbourg, resta indépendant malgré de nombreuses incursions militaires de Louis XIV. Il fallut une incroyable combinaison diplomatique, avec échange de couronnes, pour que le dernier Duc de Lorraine, Stanislas Leszczynski le laissa à la France à sa mort, en 1766.

 

 

Ma deuxième hypothèse, qui n'est d'ailleurs pas incompatible avec la première,est l'existence de part et d'autre de la région "Hirson-Rocroi", de deux principautés ecclésiastiques: l'évêché de Cambrai et la Principauté de Liège.

 

Ces deux Principautés, pratiquement indépendantes mais faisant partie de l'Empire, ont en effet, par leur statut ecclésiastique,échappé aux contraintes des mariages et des successions dynastiques.La continuité dans le temps était donc assurée.

 

Neutres mais perméables aux armées, elles ont même présenté certains avantages aux belligérants: comme lieu de négociation par exemple, la paix de Cambrai en 1529 ; comme lieu de passage, par exemple pour l'invasion de la Hollande par Louis XIV; comme lieu d'approvisionnement en armes(Liege).

 

L'espace compris entre elles a donc bénéficié de la même stabilité, sauf pour la partie sud du Hainaut que son annexion par Louis XIV a privé d'une frontière vieille de seize siècles.

 

 

 

 

 

 

 

 

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