LES FAITS

 

Géographie & Histoire, ........... à partir de nos villages, de nos provinces.

Point n'est besoin de chercher loin, .....

 

......la surprise, l'originalité et la découverte sont à portée de promenade.

Ce qui n'empèche ni la réflexion, ni même la méditation !

 

 

 

 

A propos d'un bout de la frontière franco-belge, immuable depuis 2000 ans

Autre sujet de géographie locale, près de la "frontière immuable",

 

Bailièvre, dans la Botte du Hainaut

 

 

BELGIQUE : un bout de frontière immuable

par Yvon Mahieu

 

SOMMAIRE

•Les faits

•Hypothèses pour expliquer: l'histoire

•Hypothèses pour expliquer: la géographie

•Visite sur place

 

 

 

 

 

 

Immuable : "qui n'est point sujet à changer"(LAROUSSE)

 

 

La Belgique est entourée de 1450 km de frontiere.

Un peu plus d'un pourcent de cette frontière peut être consideré comme immuable

Inversement, les 99% autres sont le produit de guerres et d'invasions sanctionnées par des traités de paix.

 

Ce petit pourcent de frontière immuable se trouve à 100 kilomètre au sud de Bruxelles.

Il sépare l' Entre-Sambre-et-Meuse, de la région française de Champagne-Ardenne.

Une vingtaine de kilomètres séparent deux points de passage de la frontière :

À l'Ouest, à Macquenoise, sur la route d'Hirson

A l'est, sur la grand route de Couvin à Rocroi

 

Cette ligne est une frontière politique depuis l'Empire romain.

Depuis 1500 ans, elle est une frontière internationale.

 

Nous découvrirons d'abord les faits historiques.

Nous construirons ensuite des hypothèses historiques et géographiques pour expliquer.

Finalement, une visite sur place dressera le décor.

 

 

I. QUELS SONT LES FAITS ?

 

 

Avant 843, traité de Verdun

 

L'EMPIRE ROMAIN

 

Sous l'empereur romain Dioclétien, vers l'an 300,l'Empire fût divisé en diocèses et en provinces.

Les tribus belges qui vivaient entre la Seine et le Rhin furent réparties en 4 provinces.

La Belgique actuelle recouvrait alors partiellement trois de ces provinces :

- la Germanie seconde, au nord-est, jusqu'au Rhin, capitale Cologne

- la Belgique seconde, vers le Ouest et le sud-ouest, capitale Reims,

- la Belgique première, au sud, capitale Trêves

 

La frontière entre la Germanie seconde et la Belgique seconde s' étirait d'abord verticalement des bouches de l'Escaut vers le sud, jusqu'à la pointe de l'Ardenne, puis obliquait vers l'est jusqu'à rejoindre la Meuse puis la Semois.

 

La partie centrale de cette frontière, marquée d'ouest en est, constitue la première trace politique de l'objet de notre étude.

 

Il est probable que la même zone faisait déja frontière entre deux tribus gauloises : les Nerviens, au Nord et les Rêmes (Reims), au Sud.

 

LES ETATS MEROVINGIENS

 

Les successeurs de CLOVIS, fondateur de la dynastie mérovingienne, se sont partagé son empire successivement à chaque génération.

 

Sur le territoire de la Belgique actuelle,deux royaumes francs se sont installés : l'Austrasie, à l'est, la Neustrie à l'ouest.

 

Leur frontière reprit, à peu chose près, le même tracé que la limite provinciale romaine mais décalée dans sa partie supérieure et dans sa partie inférieure.

 

La partie centrale n'a pas bougé, elle ne bougera pas pendant les douze siècles suivants.

 

 

L'EMPIRE CAROLINGIEN

 

Sous les souverains carolingiens, dont le plus illustre, Charlemagne, fût couronné en l' an 800, les frontières entre les Etats francs se sont considérablement estompées.

 

Mais les limites ecclésiastiques,c.-à-d. entre les évêchés et les archevêchés,ont gardé toute leur importance. Et l'organisation religieuse s'est moulée dans les cadres administratifs romains : la province de Germanie seconde est devenue l'archevêché de Cologne tandis que la province de Belgique seconde devenait l'archevêché de Reims.

 

 

 

 

 

La faille majeure : 843, Traité de Verdun

 

Les successeurs de Charlemagne ont perpétué la tradition franque de répartir le patrimoine c.-à-d. l'Etat, entre tous les héritiers males.

 

Il en est résulté une faille majeure : l'Empire de Charlemagne a été partagée entre la FRANCIE occidentale, la future France, la FRANCIE médiane avec le titre d'empereur, la FRANCIE orientale ou Germanie.

 

Après quelques péripéties, la Francie médiane disparut, absorbée par le Saint Empire Romain Germanique.

 

La frontière fixée à Verdun courrait essentiellement le long des fleuves : l'Escaut d'abord, la Meuse ensuite,la Saône et le Rhône enfin.

 

Des sources de l'Escaut pour rejoindre la Meuse, le trajet est presque horizontal : il lèche l'Ardenne sur son flanc sud : stabilité du tracé garantie pour 6 siècles.

 

 

L' ETAT BOURGUIGNON ET HABSBOURGEOIS

 

Dans leur extension maximale, les domaines des Ducs de Bourgogne,vers 1450, englobaient les villes de la Somme (Amiens,Abbeville) qui, comme la Flandre et l'Artois, relevaient du Roi de France.

 

Mais l' Entre-Escaut-et-Meuse est resté inchangé : la ligne fixée à Verdun en 843 n'avait donc pas été modifiée. Il est vrai que la présence, à l' Ouest de l' Evéché de Cambrai et, à l'est de la Principauté de Liège,qui échappaient à l'autorité directe des Ducs de Bourgogne n'y est pas étrangère.

 

En 1529, toutefois,Charles Quint détacha

Tournai, la Flandre et l' Artois de l'obédience du

Roi de France: la frontière de l'empire

fût définitivement déplacée vers le sud.

 

LA RECONQUETE FRANCAISE

 

Mais au cours des 16e et 17 siècles, la France récupérera une grande partie du territoire perdu.

 

Le tracé actuel de la frontière est le résultat de multiples guerres entre la France et l'Europe entière, en particulier la famille des Habsbourg. Mais une fois encore,le tracé entre HIRSON et ROCROI ne fût jamais modifié.

 

Une exception cependant : à la Révolution, la France annexa la totalité de la Belgique actuelle.Le tracé en question fût même effacé et l'Entre-Sambre-et-Meuse fit partie du département des Ardennes. Il fallut le retour de Napoléon et sa défaite à Waterloo pour que, à nouveau, le tracé frontalier soit fixé à ce qu'il est aujourd'hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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